Une voiture arrive, pleine de belle famille (père, frère, sœur et fille svp…). Clémence prend les choses en main et nous organise joyeusement en groupes de travail (honnêtement, vu le degré d’organisation qu’elle a atteint avec la préparation, elle saurait tout faire mieux que tout le monde, mais elle est seule, alors nous la laissons diriger, certains avec un petit sourire en coin). Je vais à l’atelier panneau sur le perron (abrité, rapport au déluge qui me tord l’estomac). Il y a duel de perceuse entre mon père qui a apporté sa filaire de bourrin mais qui n’a pas de prise à l’extérieur, et le papa de Clémence qui a une Bricorama portative avec la batterie à plat. Le résultat était prévisible, on finit avec un manchon manuel.
Au final, il faut avouer que le style est au rendez-vous, même si on est pas du tout sur les marques que j’avais prévu : on rentre installer le panneau, qui donne quelques directions : les chambres (vers le haut), la cérémonie (arbitrairement, j’ai pointé vers dehors, parce que je suis un sale fou), la réception (pour les autistes) et le Mozambique (personne ne saura si l’orientation est correcte ou non).
Alex et Béné ne sont pas encore là, mais ils sont excusés : eux ils n’étaient pas en congés, aujourd’hui. Avec les deux beaux papas, nous allons installer l’arche pour la cérémonie. Sauf que oui, bien sur, c’est une chose de dire par un bel après-midi d’avril « on va installer ça à peu près là », et puis une autre de se retrouver la veille avec les piquets, le maillet et les deux retraités qui me demandent où est-ce qu’on le plante, le bastringue. Pas. La moindre. Idée. Heureusement, il pleut alors les décisions viennent assez facilement. La « technique Hipper » pour monter l’arche s’est révélée fichtrement efficace : deux piquets à béton fichés profondément dans le sol (>30 cm) à coup de maillet, et puis un tube de pvc coulissé gentiment jusqu’au sol. Comme il est souple, il se courbe naturellement entre les deux piquets. 4 minutes, à tout péter.
Comme on y était, on a aussi fait un petit essai pour attacher les draps en satin sur lesquels Clémence a attaché des rubans tous les 15 cm. Là encore, je suis impressionné, parce que ça fonctionne du premier coup : Quasi louche.
Nous revenons dans la salle de Bal, dans laquelle le DJ a terminé ses réglages (il a vraiment beaucoup de matériel, assez pour une grosse camionnette pas tout à fait aux normes…). Le plan de table est en place, il impressionne, notre petit labyrinthe fait maison. Tous les centres de table sont en place avec les bons numéros, les succulentes-cadeau aussi, tout est dressé parfaitement. C’est vraiment très réussi, comme ambiance. Les boiseries et le style rigide du montage des tables viennent se briser sur le vert flashy des centres de tables volontairement désorganisés, tous différents, dont les fougères un peu sauvages font écho aux succulentes pas toujours droites devant les assiettes.
Mine de rien, on a fait venir la moitié de la famille, mais en 45 minutes c’est terminé, circulez il y a plus rien à voir… Cela dit, pour nous la pression est là, on doute qu’elle redescende. Alors quitte à radoter un peu, on expose petit à petit nos plans pour le lendemain. Sandra et Mathieu sont préposés pour sortir les deux bricolages indispensables au cocktail : le « coin des photos pas trop sérieuses » qui inclut les moustaches en feutrine et l’appareil photo, et puis l’urne, le coffre fort, celui qu’on nous répète depuis plusieurs semaines de ne jamais quitter des yeux parce que tout le monde connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui a déjà vu quelqu’un piquer des sous dans une urne (sauf nous). Quant enfin on se rend compte que nous n’avons plus rien de nouveau à complimenter (nous avons passé en revue environ toutes nos créations, deux fois), les Hipper rentrent à Riedisheim, mon papa à Mulhouse, avec mon costume, et puis ma boutonnière que finalement j’avais mis dans la voiture (parce que nous après, fonçons directement au restaurant et que je ne serais pas chez moi avant… Avant quand ? Aucune idée.).
Clémence et moi restons seuls à imaginer différents scénarios pour demain, en attendant Alex et Béné qui nous ont annoncé un retard d’une bonne heure et quart (aussitôt répercutée pour la réservation du resto). Ils finissent par arriver, un peu honteux, mais ils ont pensé à tout, c’est déjà pas mal même si ça a pu occasionner quelques faux départs. On leur fait le tour du propriétaire en oubliant que nous sommes affreusement hors délais, avant de repartir, direction Colmar : il est 19h50, nous avons rendez-vous au restaurant à 21h. C’est jouable, à condition de se concentrer sur la route, et de ne passer que 3 minutes dans l’appartement pour récupérer un sac d’affaires, et puis les bouquets, bien entendu. Et franchement, à 20h45, à peine à quelques kilomètres de l’échangeur de Mulhouse, j’étais certain qu’on y était arrivés, comme des ninjas, à rattraper l’horaire sans rien oublier. Ouais, sauf que.
« Eh merde, je sais ce que j’ai oublié ». La fille, qui se mord la lèvre, version toute blanche et pas vraiment sexy. Je ferme presque les yeux (nous sommes sur l’autoroute), et j’attends le verdict. Et les grands gagnants aujourd’hui sont… Les accessoires de coiffure, oui, bravo ! 51 épingles et un mini-froufrou à plumes. Comme pour le coup c’est elle qui a craqué en premier (moi je ne suis sur de rien tant que je n’aurais pas ouvert le sac), ça fleure bon le sarcasme à deux balles, sur le siège conducteur. Enfin, on relâche la pression, ça aurait pu être pire, bien pire. Et puis là, franchement j’ai juste envie de ma pièce de bœuf et de ma sauce roquefort.
Une apparition éclair chez le Papa de Clémence (de toute façon, on se revoit demain, hahaha… !) et puis un retour en centre ville qui marque mes premières victoires de la journée dans mon combat mental contre les feux rouges : nous sommes au restaurant sans une petite minute de retard. En plus j’ai fait un créneau à gauche, un exercice tellement intéressant que j’en fais au moins un tous les deux ou trois ans, pour garder la main. Mick et Séverine nous attendent, et nous pouvons enfin relâcher un peu de pression dans toute cette suite ininterrompue depuis le début d’après-midi. C’était vraiment une bonne idée de venir manger un steak frites et de nous détendre, parce qu’on en avait tous besoin.
A remarquer, comme nous n’avons pas pris d’entrée, nous avons tous eu droit à une petite salade avec notre plat principal (la petite touche de bonne conscience avant l’injection cholestérol-lipides). Naturellement, certains autour de la table sont plus hard-core que les autres, dont Alex qui décide de ne pas manger sa salade, et même de ne pas la toucher du tout. Rien que de très normal jusque là, excepté que lorsque la serveuse apporte les plats, elle s’excuse personnellement à Alex pour l’incident avec la salade. Personne qui moufte sur le coup, on en fera une montagne de conjectures idiotes dès qu’elle est à plus de 2m de la table. Ca va durer comme ça sur l’ensemble du plat principal, et on se l’imagine même nous payer la coupe de crémant… Jusqu’à la voir effectivement arriver, avec un air des plus désolés, le petit plateau et les bulles. Nous nous pinçons tous les lèvres consciencieusement, dans une concentration extrême pour ne pas pouffer, avant que Bénédicte n’y tienne plus et lui demande à bout de souffle pourquoi nous avons droit à toute ces attentions.
Il se trouve au final qu’Alexandre, tout inspiré de ne pas manger sa salade, s’est aussi évité par la même, de manger une limace sournoisement placée dans l’assiette. Que personne n’avait remarquée. Nous avons bu le crémant à la santé de la maison, beaucoup ri du sujet, avant de se séparer peu après 23h. Nous avons reconduit Clémence et Bénédicte, qui vont dormir chez le papa de la mariée, avons soupiré plusieurs fois sur le temps qui passe trop vite, et puis en un éclair, voire même en un petit gargouillement d’estomac contenté mais contracté, toute la relaxation de la soirée est retombée. On se marie, demain.
Alex et moi allons dormir chez mes parents. Je m’attendais à rester couché, la lumière éteinte, avec les yeux d’une chouette braqués sur le plafond jusqu’à une heure impossible, mais en fin de compte, les activités de la journée (et peut-être les efforts de mon estomac après le restaurant) ont eu assez vite raison de moi. Nous n’avons regardé que quelques rares classiques de Youtube sur le smartphone d’Alex (L’homme du ski, la mer noire, et Patrick, bien sur, toujours Patrick. Patrick ? Aaaa !!! Patrick !), avant de se résigner faute de réseau et d’éveil.
Que dire... Tu écris toujours aussi bien Eric ! On le vit avec toi, et pourtant, ça semble déjà très loin tout ça ! J'adore ta façon de le raconter, de le dire, on ressent presque tout ce que tu as ressenti ! Tu me crois si je te dis que j'en ai presque une tite larme à l'oeil ? (en tous les cas j'ai ri toute seule devant le pc pendant l'épisode de la salade)
RépondreSupprimerExcellent !! J'adore j'adore j'adore !!!
RépondreSupprimerJ'avais complètement oublié l'épisode de la salade ...
Je suis fan de ton style d'écriture. Vivement la suite (s'il te plaît dis moi qu'il y en a une !!!)
Alex