vendredi 23 septembre 2011

Les coulisses du mariage n°11 : le jour J (vu par le marié)

Je crois que j’ai fait la bise à tout le monde. Pas seulement pour être raccord avec Clémence qui en tant que femme n’allait pas serrer les mains, mais parce que ça se prête beaucoup plus à l’ambiance. On voulait être sincères et chaleureux au possible, et je crois que le message est bien passé ! Le challenge bien sur au milieu de tout ça, c’est d’essayer de trouver une répartie différente pour chaque invité, puisqu’eux n’ont aucun effort à faire si ce n’est d’aligner les félicitations. Un bon nombre demande (et obtient en exclusivité) une photo avec les mariés, on est donc dans un bon jour…  C’est l’occasion ou jamais de voir que des proches peuvent être heureux pour vous, littéralement et sans rien pouvoir cacher.

Quelques clichés avec ma grand-mère, et le reste de la famille proche qui nous félicite quasiment en dernier, avant de rejoindre mes amis, qui se marrent en regardant le bas de la rue. Pointé du doigt, applaudi à son entrée, affreusement gêné et tout penaud, voilà Guillaume qui fait son entrée, accompagné de Vanessa. Il va s’excuser une bonne dizaine de fois, mais ça nous fait encore plus rire à chaque tentative, alors il finit par le prendre avec le sourire aussi. Apparemment, il aurait choisi le mauvais Super U… Bon, il n’a raté que la mairie et l’un dans l’autre ça ne totalise qu’une petite trentaine de minutes de retard. Nous décidons avec Clémence de démarrer le mouvement pour que tout le monde rejoigne son véhicule, se mette en procession et klaxonne jusqu’à Guebwiller.

Plus facile à dire qu’à faire. Sous le soleil, devant la mairie et sur leur 31, l’assemblée n’a pas beaucoup de motivation pour nous suivre. Cela dit, c’est tout de même notre mariage, alors quand nous remontons la rue pour aller vers le parking, non seulement ce n’est pas discret, mais les invités finissent par nous suivre, et d’un bon pas pour la grande majorité. A partir de là, la grande difficulté consiste à improviser notre convoi pour progresser dans la ville en ordre de bataille. Bien entendu, plusieurs convives ont pris la solution la moins évidente en allant se stationner directement à coté de la mairie, ou plus loin dans le centre ville : il va falloir qu’ils nous rejoignent pour ne pas rater le train ! Nous donnons rendez vous au parking du Super U désaffecté comme point de départ officiel. De retour à notre propre voiture toute décorée, on peut enfin déployer le « just married » symbolique qui va pendre du coffre.

Rapidement installés, nous laissons suffisamment de temps aux familles de converger vers l’autre parking, tandis que nous restons à trois ou quatre voitures sur le notre (oui je sais ce n’est pas logique), qui fait plutôt désert. Matthieu teste le klaxon, de façon plus jouissive et poussée à chaque fois. Autorisation illimitée de faire du bruit, puisque nous partons dans quelques minutes ! La rue est à une voie et en sens unique, donc quand elle bouchonne complètement à cause des quelques uns qui attendent que nous passions devant, nous lançons le défilé. Une grosse centaine de mètres plus loin, le gros du convoi s’est formé près de la sortie du parking, prêt à prendre la suite. C’est lent, c’est bruyant, on est nombreux c’est magnifique. Comme nous roulons en tête, Clémence et moi frôlons le torticolis pour regarder cette file ininterrompue de véhicules, qui fait trembler Riedisheim à coups de klaxon, de warnings et d’appels de phares.

Le mot d’ordre pour nous est d’éviter le plus possible de « lâcher » des membres du convoi, malgré une traversée de Riedisheim, et de Mulhouse Est pour rejoindre la voie rapide. Matthieu est sur la brèche, à la fois très concentré pour trouver une vitesse adéquate, ainsi qu’en mode fou furieux du klaxon (nous répondons à chacun des bruits que nous pouvons entendre venant de derrière). Ce qui devait arriver, fatalement, c’est le feu rouge. Inévitable dans la circulation de ce samedi après-midi, nous tentons de nous garer sur le bas côté en attendant les retardataires. Malheureusement, une dizaine de voitures à la file sur le bas côté, et le pigeon habituel va comprendre « oh il vaut mieux que j’y aille aussi ». Du coup on bloquait un peu la voie, donc le plus lentement possible nous avons repris la route. Evidemment j’ai aussi fait un choix peut-être contestable en ne choisissant pas la route la plus indiquée (quoi que clairement la plus directe).

Mais quand bien même, on a gardé une petite dizaine de voitures à notre suite jusqu’à notre arrivée à la voie rapide. Et a partir de là, nous avons partie gagnée puisqu’il n’y a plus aucune sortie à prendre, simplement une petite vitesse de croisière à adopter, warnings allumés et tournés vers l’arrière. Nous ne connaissons pas les modèles de chacun, mais les plus proches de nous sont rapidement identifiés : ma marraine et sa famille, suivis par Michel et Anne, Claude, et puis quelques amis avant la marraine de Clémence. Après quelques kilomètres, les retardataires (et ceux qui, plus malins que les autres, avaient suivi le panneau plutôt que le convoi) recollent au train, et c’est pour nous un vrai petit spectacle que cette file d’une grosse vingtaine de parents et amis, toutes marques et modèles confondus. Nous avons quelques minutes pour échanger nos impressions entre nous, la pression, la maire qui parle au ralenti, les alliances. Beaucoup d’émotions à partager, et nous espérons que la fête puisse continuer sur la même lancée.

Chaud comme la braise, Matthieu redémarre le concerto à peine franchie l’entrée de Guebwiller. Il faut encore en profiter pour les deux minutes qu’il nous reste, le domaine de Beaupré n’est plus très loin. Ils nous ont sans doute entendus arriver, et ce à plusieurs centaines de mètres (discrétion, tu n’étais pas invitée), car lorsque nous coupons le moteur et sortons de la voiture, c’est encore une ribambelle de tonalités aujourd’hui agréables qui nous entourent. Garés à côté de l’entrée, nous allons immédiatement saluer Myriam qui est venue directement, tandis que les autres invités descendent de voiture, murmurent des « oh la la », prennent des photos du château. Pour nous, nos témoins et les quelques parents qui ont aidés à mettre les décorations en place, le Domaine n’est plus une surprise. Mais ça laisse quand même soixante-dix étonnés devant l’entrée, un peu timides pour certains, encore plus excités pour une grande majorité.

Un point sur notre horaire (établi stratégiquement depuis des semaines, non seulement pour nous mais pour les prestataires, les invitations et les animations…) nous confirme que nous sommes plus en avance que prévu. C’est plutôt un bon point, parce que cela me permet d’accueillir tranquillement la plupart des invités au pied des marches, en leur expliquant qu’il n’est que 16h20, qu’ils peuvent sortir leurs bagages et s’installer dans les chambres après avoir retiré les clefs à l’accueil. Clémence est d’ailleurs partie avec Béné déposer les bagages et vérifier son look (aussi pour gérer un besoin pressant, ce qui a l’air beaucoup moins facile en robe de mariée qu’en costume Devred). Je fais l’accueil durant un bon quart d’heure (c’est à croire qu’il y en a qui se sont réellement perdus sur la route, à commencer par mes propres parents). 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire